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mardi 16 novembre 2010

Metaxu – Le blog de Philippe Quéau

Metaxu – Le blog de Philippe Quéau
Le loup court « encor ».
8 juin 2010


Un récent article du New York Times, « La fin du web ouvert », que l’on peut lire en français sur Framablog, suscite l’intérêt des commentateurs.
L’article compare la migration d’un nombre croissant d’usagers du web vers des applications fermées et sécurisées, telles que celles fournies par Apple sur son Iphone ou son Ipad à la grande migration des populations aisées aux Etats-Unis quittant les centres villes pour se réfugier dans des banlieues prospères, homogènes, propres et sûres.

Les métaphores valent ce qu’elles valent. Je ne suis pas sûr du tout que la planification urbaine à la sauce américaine soit une réussite totale.
Mais tant qu’à utiliser les métaphores, on pourrait aussi relire La Fontaine, maître du genre. Sa fable Le Loup et le Chien, vaut la peine d’être citée tant la langue en est belle, et tant la leçon qu’elle porte peut s’appliquer intégralement à ceux qui vantent les bienfaits de modèles fermés et sécurisés.

Je ne résiste pas au plaisir de reproduire ici cette fable qui fait l’éloge d’un modèle refusant de « donner la chasse aux gens » et qui prône la liberté de courir librement, « dans les bois » :

Le Loup et le Chien

Un loup n’avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli , qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers ,
Sire loup l’eût fait volontiers;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le loup donc, l’aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu’il admire.
«Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
D’être aussi gras que moi, lui répartit le chien.
Quittez les bois, vous ferez bien:
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi? rien d’assuré; point de franche lippée ;
Tout à la pointe de l’épée.
Suivez moi, vous aurez un bien meilleur destin.»
Le loup reprit: «Que me faudra-t-il faire?
-Presque rien, dit le chien: donner la chasse aux gens
Portants bâtons et mendiants;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire:
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons:
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.»
Le loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse
Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé.
« Qu’est-ce là? lui dit-il. – Rien. – Quoi? rien? -Peu de chose.
Mais encor? – Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché? dit le loup: vous ne courez donc pas
Où vous voulez? – Pas toujours; mais qu’importe? -
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »
Cela dit, maître loup s’enfuit, et court encor.

Publié dans InfoStructure, Mondialisation | 2 commentaires »

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