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vendredi 3 février 2012

La Sardaigne, poubelle de l’Otan et du complexe militaro-industriel - Investig’Action

La Sardaigne, poubelle de l’Otan et du complexe militaro-industriel - Investig’Action

Son paysage de carte postale attire les touristes les plus fortunés. Les stars de la jet-set viennent mouiller leur yacht le long de ses côtes paradisiaques. Pourtant, la Sardaigne cache une bien triste réalité... (IGA)

Sur les bords enchantés de la Méditerranée, derrière le rideau invisible des radiations nucléaires émises suite à l'usage d'armes à l'uranium, est apparu un immense paysage de désolation, pleins de secrets maléfiques. Plantons le décor. C'est en Sardaigne. Là, un territoire d'une superficie de 35.000 hectares est loué aux installations militaires. Sur l'île, on trouve des polygones de tir (Perdasdefogu), des exercices de feu (capo Teulada), des polygones pour exercices aériens (capo Frasca), des aéroports militaires (Decimomannu) et des dépôts de carburant (dans le cœur de Cagliari, alimentés par une conduite qui traverse la ville, sans compter de nombreuses casernes et sièges de commandement militaire (Aéronautique, marine) Il s'agit d'infrastructures des forces armées italiennes et de l'Otan.

Quelques chiffres : le polygone de Salto de Quirra- Perdasdefogu (Sardaigne orientale) de 12.700 hectares et le polygone de Teulada de 7.200 hectares sont les deux polygones italiens les plus étendus, alors que le polygone Otan de Capo Frasca (côte occidentale) en compte 1.400. A cela on doit ajouter l'ex-base Otan de 'la Maddalena', à jamais polluée. Pendant les exercices militaires, on y interdit la navigation et la pêche sur une étendue marine de plus de 20.000 km2, une superficie presque égale à celle de la Sardaigne.

Que découvre-t-on ? Cette vallée de Quirra, l'une des zones les plus belles et encore sauvages de la Sardaigne, a été transformée en coffre-fort de poisons à ciel ouvert. Pendant des années on a mis le couvercle sur la marmite des "poudres de guerre" qui a décimé nombre d'habitants et militaires qui vivaient et travaillaient dans le polygone et les villages des environs. Mais maintenant, grâce à un Procureur, Domenico Fiordalisi, déterminé à suivre les plaintes des nombreuses victimes, la vérité commence à percer. Les "secrets" sont enfin en train de se dévoiler à la lumière de la justice.

Accusés de "désastre environnemental", trois généraux jadis au commandement dans le polygone de Quirra, deux techniciens et un chercheur universitaire sont actuellement inculpés par le procureur qui enquête, depuis plusieurs mois, sur les décès par cancer de plusieurs habitants de la zone de Quirra et sur des malformations de nouveau-nés et du bétail. On s'attend à d'autres inculpations, vu le désastre environnemental et humain qui, depuis des années, frappe la Sardaigne.

Tout a commencé en 1956, lorsque le gouvernement italien décida d'installer, au beau milieu d'une zone d'incomparable beauté, où poussent les vignes, le myrte, les orangers et qui se termine sur une plage encore épargnée par les constructions, un polygone de tir, centre d'expérimentation de missiles, théâtre de "war games" grandeur nature et de destruction à ciel ouvert d'armes obsolètes des dernières guerres. Le polygone est aussi loué à des firmes d'armement privées, à l'Otan, et à des armées diverses du monde entier, notamment Israël. Pendant des années, les habitants affirment avoir vu de mystérieux camions, venant de « l'étranger », entrer dans le polygone, et y déverser de l'armement obsolète qu'on fait ensuite exploser à ciel ouvert. Pendant des années, des gardes forestiers, ont constaté les maladies des bergers et du bétail, les brebis qui sautaient sur des armes, encore en état de fonctionnement, éparpillées partout dans les champs et sur la plage.

Les plus importantes firmes d'armement connues (Aérospatial, Orlikon-contraves, Finmeccanica) louent encore actuellement cet espace naturel, afin d'y exécuter leurs expérimentations au prix de 1 million d'euros par jour, somme qui est versée directement à l'Etat Italien. A la Sardaigne restent les cancers et les enfants malformés. Alors qu'on parle de 28 enfants actuellement malades et de 36 militaires décédés dans la base, les autorités militaires nient toujours la réalité, en faisant état d'études, commandées par elles et exécutées par des universités, qui ont délivré des certificats de "propreté environnementale".

Ces certificats n'ont pas convaincu le Procureur-enquêteur. Vu la gravité de la situation, il a délivré, au début du mois de novembre dernier, un avis d'inculpation pour faux d'actes publics aux personnes responsables de cette étude et au commandant de la base qui les a "traficotés". D'autres scientifiques italiens 'indépendants' se sont rendus sur place afin d'y exécuter leurs propres analyses. On a déjà trouvé, dans l'eau et dans le sol, une grande quantité de thorium, du tungstène, du césium, de l'arsenic, tous métaux lourds qui, au dire d'un scientifique de Turin, ne peuvent apparaître que grâce à une combustion très élevée comme celle occasionnée par l'explosion d'armes à uranium appauvri. Le même scientifique a d'ailleurs trouvé des traces d'uranium dans les os d'un agneau mort d'une malformation génétique. On attend les résultats d'analyses du même genre effectuées sur les cadavres exhumés de bergers décédés de cancer.

Au fur et à mesure que l'enquête avance, les langues se délient. Des vétérinaires ont fait état, dans leur rapport, du fait qu'environ 60% des bergers qui vivent et élèvent leur bétail à proximité ou à l'intérieur du polygone ont contracté divers cancers. Un militaire, maintenant retraité, a témoigné devant les enquêteurs que, de son temps et pendant des années on a fait exploser environ 800 kg d'explosifs par jour, après avoir creusé des trous de 30 x 30 m. Ces explosions délivraient dans l'atmosphère des nuages noirs et blancs qui arrivaient jusqu'aux villages voisins, poussés par le vent qui y souffle sans arrêt. Dans ces trous, se déposait l'eau de pluie qui servait à abreuver le bétail et, ensuite, pénétrait dans les cours d'eau souterrains. Il a aussi affirmé que les explosions pour détruire les armements duraient une vingtaine de jours par mois, et cela pendant plusieurs mois consécutifs. Pendant les explosions, lui et son collègue devaient se réfugier à l'intérieur des camions. Ce collègue est mort de cancer quelques années après. La même procédure avait lieu a Capo Frasca (un terrain d'exercices militaires, plus au sud de la Sardaigne) où il s'est ensuite rendu. On y compte aussi beaucoup de militaires et de travailleurs civils décédés de cancers.

Sur base de son témoignage, le procureur prend maintenant de plus en plus en considération le fait que la nappe phréatique qui alimente la conduite d'eau potable des villages et villes environnants à été probablement atteinte. Un autre ex-militaire a affirmé que, entre les années 1986 et 2004, on a lancé quelque 1180 missiles Milan (à tête au thorium). Chaque jour, de nouveaux témoignages apportent des nouvelles de plus en plus inquiétantes faisant apparaître un véritable désastre probablement irréparable du point de vue humain, mais aussi environnemental : les géologues concluent à l'impossibilité de remettre le sol en état. Mais les militaires et le ministère de la défense italien, continuent de nier. La santé des gens coûte cher, alors que l'armement rapporte énormément !

Toutes ces constatations devraient être replacées dans le cadre réflexif plus vaste, comme celui de la militarisation de la Méditerrané par l'Otan à des fins stratégiques, l'intérêt financier du complexe-militaro industriel, le déficit démocratique (secret d'état, mépris des populations locales etc.), le contrôle de la population civile et plus précisément des migrants, la corruption, le mépris de l'environnement, le manque de vision politique à long terme, la loi du profit, les préparatifs actuels des guerres futures et le maintien des guerres actuelles (Afghanistan) . Tant de sujets que nos mouvements de paix ne cessent d'aborder… Jusqu'à quand ?…